La création monétaire « ex nihilo » se réalise par la dégradation des contreparties de la création monétaire

 En institutionnalisant un type de crédit en soi malsain, le crédit sub-prime et en combinant ce crédit risqué  avec des techniques innovantes de dissémination, les banques américaines ont provoqué une dégradation ample et durable de la qualité des crédits à l’économie par la surproduction de crédits immobiliers à des débiteurs peu solvables*.

Lire la suite

Dégradation de la qualité des créances bancaires sur les Trésor publics ; La porte ouverte au risque souverain

Les banques centrales ou commerciales n’appliquent pas aux Etats qu’elles financent les mêmes principes d’évaluation de la qualité des créances et de l’emprunteur qu’aux acteurs privés.Bernard Cherlonneix revient sur l’origine et la diffusion de cette pratique génératrice de crédits malsains, sans création de richesse, et montre comment elle fragilise aujourd’hui la solvabilité bancaire et les économies*.

« Pour qu’une entreprise puisse cueillir les fruits agréables du déficit, il faut… qu’elle n’ait pas de capital propre, ou que, en ayant un il soit protégé par un régime d’inaliénabilité et d’insaisissabilité analogue à celui qui sauvegarde le domaine public, et qu’elle puisse imposer de prendre ses créances, non à leur valeur probable de remboursement, mais à la valeur qu’il lui plaît de leur attribuer, qualifiée de valeur nominale ». Jacques Rueff,  L’ordre social

Lire la suite

SIMPLIFICATION OUI : MAIS POUR QUI ?

Nous vivons à l’ère de la simplification tous azymuts, alors même que tout devient plus compliqué pour le citoyen lambda. La solution de l’énigme se trouve dans la réponse à la question : mais au fait la simplification est pour qui ? Une fois posée la question la clé de l’énigme va de soi : le producteur habille  aux yeux du consommateur la simplification de son propre travail en simplification du service rendu, alors que la simplification du travail du producteur aura pour effet collatéral fréquent une complication de la vie du consommateur.

Lire la suite

RÉORGANISATION TERRITORIALE OU DÉSAMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ?

france-departements-budget-finances-crise.jpg

La promesse d’efficience annoncée par la réorganisation territoriale, c’est-à-dire l’amélioration du rapport qualité/coût du service notamment pour le bout de la chaîne territoriale, est-elle au rendez-vous ? Ou au contraire la mutualisation sans nuance  des services publics territoriaux en cours ne risque-t-elle pas d’aboutir  à notre insu à une redistribution à l’envers entre les centres et les périphéries des services et des coûts, alimentant de ce fait la colère sociale et la radicalisation politiques des territoires ruraux ?
Spécialisation et massification des opérations, sources d’économie budgétaire pour l’entreprise
La « nouvelle organisation territoriale » projetée par la Loi NOTRE éponyme d’août 2015 repose sur ce pari que la mutualisation, la concentration des services, le transfert de compétences à l’échelon supérieur, celui de la région pour le département, celui de la communauté de communes, d’agglomération ou urbaine pour les communes, les villes ou les grandes banlieues sera porteuse d’une plus grande efficience d’ensemble et pour chaque niveau. Ce pari recoupe l’idée en vogue à l’ère du numérique, en particulier dans les grandes entreprises de réseau (EDF, SNCF, Assurances sociales, URSSAF, banques, armée, hôpitaux…) selon laquelle la spécialisation et la massification des opérations sont sources d’économie budgétaire pour l’entreprise et d’amélioration du service pour le client final. Cette efficience accrue financerait après coup l’étrange suppression a priori de la taxe d’habitation, l’impôt le plus acceptable qui soit. Mais elle fait peu de cas de l’opacité, de la déresponsabilisation et du dédoublement des services qui s’ensuit ou pourrait s’ensuivre.

Lire la suite

Donald Trump le portrait de Dorian Gray des Etats-Unis

Donald Trump n’est que le portrait de Dorian Gray des Etats-Unis, rien que la version tonitruante et décomplexée d’un unilatéralisme américain, d’une hégémonie américaine installée de longue date. En sortant de manière provocante des Accords de Paris et en « tournant le dos au reste du monde », l’hégémonisme américain tombe le masque et dévoile au grand jour un tableau grimaçant jusque-là tenu caché ou gardé dans la pénombre. Cette révélation est une occasion d’émancipation politique du monde et une chance pour l’Europe de reprendre en main son destin et de s’affranchir d’un ordre politico-économique du monde d’après-guerre de moins en moins justifiable. Elle suppose en particulier une plus grande lucidité à l’égard de l’empire monétaire américain sur le reste du monde[1].

Lire la suite

La création monétaire « ex nihilo » : du crédit causé au crédit causal (suite)

sac-d-euro-et-de-pièces-de-monnaie-40283615La création monétaire induite par la production de crédit ne crée pas de risque bancaire tant qu’elle a pour contrepartie une création de richesse au moins équivalente, c’est-à-dire lorsque le crédit reste au service de projets de chefs d’entreprise ou de particuliers, proportionnés à leur capacité de remboursement et économiquement justifié. Le crédit est ainsi « causé » ; il n’est pas « causal » de la création de richesse, au sens où il suffirait à soi seul à déclencher une création de richesse, un projet d’investissement

« Pour bien des gens, l’usage de cette faculté du crédit consiste surtout à jeter dans la circulation une masse de papier pour y tenir lieu de numéraire. Ils posent en fait que lorsqu’un tel papier se répand dans le public, la richesse sociale en est accrue d’autant ; et comme ils supposent, en outre, qu’il dépend des gouvernements de multiplier ces sortes d’émission à l’infini, ils croient voir dans le crédit une source intarissable, d’où l’on peut faire couler la richesse à volonté sans travail. » Charles Coquelin[2]

Lire la suite

Premiers coups de canif dans la présidence jupitérienne ?

macron.jpgTout se joue dans les débuts des quinquennats qui en donnent immédiatement la tonalité définitive en permettant d’augurer de la cohérence des actes avec les annonces.

En matière d’incohérence initiale Sarkozy tient le haut du pavé. Elu sur un programme, et surtout une image, de réformateur, il a dès le début perdu la partie en prenant à contrepied son électorat de droite dès le lendemain d’une élection qui lui donnait les mains libres pour agir, avec cette étrange prophétie inaugurale, en forme d’antiphrase: « Je ne décevrai pas, je ne trahirai pas ». Et sa reculade, au premier froncement de sourcil du leader de l’UNEF à la rentrée 2007, confirma sa signature de tigre de papier. Il allait rater la fenêtre d’opportunité historique de réforme pour laquelle il était mandaté et substituer à l’action en profondeur annoncée et attendue de lui une gesticulation médiatique…finissant par le recours à un Mitterrand.

Lire la suite

Face à la République En Marche évitons les « tristes tropismes » de l’opposition stérile !

On peut faire partie des agnostiques d’une REM qui aurait très pu rester sur le banc de touche du deuxième tour des élections présidentielles, ou finir finaliste, si l’affaire Fillon n’avait réglé le sort de ce dernier.

L’électorat de la droite et du centre, dont le candidat n’a été distancé, malgré « l’affaire », que d’un point et demi par Marine Le Pen, peut à juste titre être déçu par une issue électorale qui les a privés d’un débat plus civil et constructif sur les projets présidentiels et la manière de réformer.

Lire la suite

Sans la « liberté des anciens » la « liberté des modernes » est en péril

1-senatLa liberté des modernes, conçue comme une déclaration des droits de l’Homme vis-à-vis du pouvoir absolu et arbitraire des monarques s’est définie principalement comme une liberté négative : la garantie de ne pas être arrêté et emprisonné arbitrairement, de ne pas être inquiété ou persécuté par l’Etat en raison de ses opinions ou de sa religion, comme cela fut le cas en Europe, en France en particulier, au 16 ème et au 17 ème siècles[1]. Pour Locke d’ailleurs l’exigence du respect de la propriété privée, fondement du libéralisme économique, découle de la liberté religieuse, qui implique d’être maître chez soi.

Lire la suite

Le problème politique de la France peut se résumer à ceci : ceux qui veulent réformer les Français ne veulent pas se réformer eux-mêmes.

…D’où la légitime résistance des Français. La solution : la redistribution du pouvoir et la responsabilisation à tous les échelons. Cela passe par le renouvellement en profondeur des conceptions, donc des décideurs au sommet. Comme le disait Einstein : « le mode de pensée qui a généré un problème ne peut être celui qui va conduire à le résoudre ».

Lire la suite