Donald Trump le portrait de Dorian Gray des Etats-Unis

Donald Trump n’est que le portrait de Dorian Gray des Etats-Unis, rien que la version tonitruante et décomplexée d’un unilatéralisme américain, d’une hégémonie américaine installée de longue date. En sortant de manière provocante des Accords de Paris et en « tournant le dos au reste du monde », l’hégémonisme américain tombe le masque et dévoile au grand jour un tableau grimaçant jusque-là tenu caché ou gardé dans la pénombre. Cette révélation est une occasion d’émancipation politique du monde et une chance pour l’Europe de reprendre en main son destin et de s’affranchir d’un ordre politico-économique du monde d’après-guerre de moins en moins justifiable. Elle suppose en particulier une plus grande lucidité à l’égard de l’empire monétaire américain sur le reste du monde[1].

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Premiers coups de canif dans la présidence jupitérienne ?

macron.jpgTout se joue dans les débuts des quinquennats qui en donnent immédiatement la tonalité définitive en permettant d’augurer de la cohérence des actes avec les annonces.

En matière d’incohérence initiale Sarkozy tient le haut du pavé. Elu sur un programme, et surtout une image, de réformateur, il a dès le début perdu la partie en prenant à contrepied son électorat de droite dès le lendemain d’une élection qui lui donnait les mains libres pour agir, avec cette étrange prophétie inaugurale, en forme d’antiphrase: « Je ne décevrai pas, je ne trahirai pas ». Et sa reculade, au premier froncement de sourcil du leader de l’UNEF à la rentrée 2007, confirma sa signature de tigre de papier. Il allait rater la fenêtre d’opportunité historique de réforme pour laquelle il était mandaté et substituer à l’action en profondeur annoncée et attendue de lui une gesticulation médiatique…finissant par le recours à un Mitterrand.

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Face à la République En Marche évitons les « tristes tropismes » de l’opposition stérile !

On peut faire partie des agnostiques d’une REM qui aurait très pu rester sur le banc de touche du deuxième tour des élections présidentielles, ou finir finaliste, si l’affaire Fillon n’avait réglé le sort de ce dernier.

L’électorat de la droite et du centre, dont le candidat n’a été distancé, malgré « l’affaire », que d’un point et demi par Marine Le Pen, peut à juste titre être déçu par une issue électorale qui les a privés d’un débat plus civil et constructif sur les projets présidentiels et la manière de réformer.

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Sans la « liberté des anciens » la « liberté des modernes » est en péril

1-senatLa liberté des modernes, conçue comme une déclaration des droits de l’Homme vis-à-vis du pouvoir absolu et arbitraire des monarques s’est définie principalement comme une liberté négative : la garantie de ne pas être arrêté et emprisonné arbitrairement, de ne pas être inquiété ou persécuté par l’Etat en raison de ses opinions ou de sa religion, comme cela fut le cas en Europe, en France en particulier, au 16 ème et au 17 ème siècles[1]. Pour Locke d’ailleurs l’exigence du respect de la propriété privée, fondement du libéralisme économique, découle de la liberté religieuse, qui implique d’être maître chez soi.

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Le problème politique de la France peut se résumer à ceci : ceux qui veulent réformer les Français ne veulent pas se réformer eux-mêmes.

…D’où la légitime résistance des Français. La solution : la redistribution du pouvoir et la responsabilisation à tous les échelons. Cela passe par le renouvellement en profondeur des conceptions, donc des décideurs au sommet. Comme le disait Einstein : « le mode de pensée qui a généré un problème ne peut être celui qui va conduire à le résoudre ».

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Ces offres qu’on ne peut pas refuser

cp de pg sr tbleChacun se souvient de cette phrase de Marlon Brando dans le film « Le Parrain » de Francis-Ford Coppola : « Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser » et surtout de la première manifestation « chevaline » de cette menace de prime abord voilée. Force est aujourd’hui de constater que les offres que l’on ne peut pas refuser, sans être aussi sanguinaires, tendent à se multiplier sous nos yeux et dessinent une toute autre société que celle que nous pensons encore habiter.

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Relançons des « Salvetats » pour accueillir les migrants

desert_oasis_by_t_nelly-d4nqzsiLes « Salvetats » (occitan de “Sauvetés”), étaient des zones refuge protégées par l’Église catholique et délimitées par plusieurs bornes autour d’une église. Créées à l’époque des grands défrichements, entre le xie et xiie siècles, et contemporaines du mouvement communal dans lequel elles se sont fondues, elles ont eu une fonction de peuplement d’espaces déserts et de mise en valeur de terres vierges au profit de populations agricoles pauvres, en déshérence ou cherchant à se mettre à l’abri des rapines et des guerres féodales. Elles ont laissé leur nom à plusieurs bourgades rurales dans le Midi de la France[1].

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Le Syndrome de Peter

labyrinthe« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » demande-t-on avec ironie lorsqu’on fait face à une solution, une démarche, une explication alambiquées auxquelles une alternative de bon sens, une solution plus simple semblent s’imposer comme une évidence. On imagine alors que cette complexité inutile est involontaire, ou au plus le produit d’une inertie bureaucratique, de la négligence liée à un travail dans l’urgence et le court-terme. Mais on ne va pas jusqu’à se persuader que « brouiller les cartes » puisse être l’expression d’une stratégie générale des puissants, un moyen de sidération du bon peuple, un outil de spoliation organisée des plus faibles à l’abri d’une opacité libératrice et déculpabilisante. C’est à l’adoption d’un tel regard que nous convie « Le Labyrinthe »[1] de Jacques Bichot, qui voit dans cette invention de Dédale à la demande de Minos le roi de Crète pour enfermer le minotaure le symbole de notre monde le plus contemporain  devenu   « minocratie »…en attente d’un Thésée et d’un fil d’Ariane « pour en sortir ».

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La non rétroactivité : clé de la réforme sociale

etienne-marcel-rieti-02Les réformes difficiles ne sont envisageables que si elles sont acceptables pour ceux qu’elles vont affecter le plus. Il ne suffit donc pas qu’elles soient judicieuses dans l’absolu ou nécessaires sur le papier. La non rétroactivité, ce principe général du droit constamment transgressé, est une des conditions essentielles de cette acceptabilité des réformes délicates, ou la progressivité lorsque la rétroactivité est inévitable. Intégrer cette donne consiste à passer mentalement du modèle réflexe de la thérapie de choc, toujours différée parce qu’elle est un modèle de réforme justement rédhibitoire, à celui de la réforme asymptotique, mise en œuvre sans délai.

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L’Union européenne doit s’opposer au projet de hold-up fiscal américain !

images'é'(%22(Barack Obama vient de relancer le débat sur la question de la non-taxation de plus de 2000 milliards de dollars de profits des multinationales américaines réalisés, puis parqués à l’étranger. Il propose d’abandonner le principe actuel de non-taxation de ces bénéfices tant qu’ils n’ont pas été rapatriés sur le territoire américain. Il souhaite imposer une taxe de 14% sur ces profits, qu’ils soient ou non rapatriés.
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