La création monétaire « ex nihilo » : du crédit causé au crédit causal (suite)

sac-d-euro-et-de-pièces-de-monnaie-40283615La création monétaire induite par la production de crédit ne crée pas de risque bancaire tant qu’elle a pour contrepartie une création de richesse au moins équivalente, c’est-à-dire lorsque le crédit reste au service de projets de chefs d’entreprise ou de particuliers, proportionnés à leur capacité de remboursement et économiquement justifié. Le crédit est ainsi « causé » ; il n’est pas « causal » de la création de richesse, au sens où il suffirait à soi seul à déclencher une création de richesse, un projet d’investissement

« Pour bien des gens, l’usage de cette faculté du crédit consiste surtout à jeter dans la circulation une masse de papier pour y tenir lieu de numéraire. Ils posent en fait que lorsqu’un tel papier se répand dans le public, la richesse sociale en est accrue d’autant ; et comme ils supposent, en outre, qu’il dépend des gouvernements de multiplier ces sortes d’émission à l’infini, ils croient voir dans le crédit une source intarissable, d’où l’on peut faire couler la richesse à volonté sans travail. » Charles Coquelin[2]

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Création monétaire ex nihilo ?

Capture-decran-2015-01-22-a-15Par leur activité de crédit, les banques créent bien de la monnaie… mais pas ex nihilo, ni de façon discrétionnaire : d’une part, cette création est temporaire, car elle se résorbe avec le remboursement du crédit ; d’autre part, le crédit est subordonné à une transaction économique réelle, sous forme de la production d’un bien ou d’un service, et donc à la création de richesse.

Le débat sur la création monétaire fait un peu penser au débat, dans le champ des sciences naturelles,entre créationnistes et évolutionnistes, débat dans lequel les créationnistes auraient, cette fois, plutôt le vent en poupe. Il est vrai que son enjeu est crucial en termes de politique et de réglementation financières. Si les banques sont véritablement dotées d’un pouvoir extraordinaire de création monétaire ex nihilo, cela voudrait dire qu’elles détiennent le secret de la richesse sans effort et, en quelque sorte, qu’elles volent leurs revenus, et que donc l’intervention de l’État pour canaliser ce haut débit et rétablir la justice s’impose. S’il n’en va pas ainsi, le crédit bancaire n’appelle pas nécessairement d’intervention publique spéciale, palliative ou correctrice, mais au contraire une liberté d’agir le plus professionnellement possible.