RÉORGANISATION TERRITORIALE OU DÉSAMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ?

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La promesse d’efficience annoncée par la réorganisation territoriale, c’est-à-dire l’amélioration du rapport qualité/coût du service notamment pour le bout de la chaîne territoriale, est-elle au rendez-vous ? Ou au contraire la mutualisation sans nuance  des services publics territoriaux en cours ne risque-t-elle pas d’aboutir  à notre insu à une redistribution à l’envers entre les centres et les périphéries des services et des coûts, alimentant de ce fait la colère sociale et la radicalisation politiques des territoires ruraux ?
Spécialisation et massification des opérations, sources d’économie budgétaire pour l’entreprise
La « nouvelle organisation territoriale » projetée par la Loi NOTRE éponyme d’août 2015 repose sur ce pari que la mutualisation, la concentration des services, le transfert de compétences à l’échelon supérieur, celui de la région pour le département, celui de la communauté de communes, d’agglomération ou urbaine pour les communes, les villes ou les grandes banlieues sera porteuse d’une plus grande efficience d’ensemble et pour chaque niveau. Ce pari recoupe l’idée en vogue à l’ère du numérique, en particulier dans les grandes entreprises de réseau (EDF, SNCF, Assurances sociales, URSSAF, banques, armée, hôpitaux…) selon laquelle la spécialisation et la massification des opérations sont sources d’économie budgétaire pour l’entreprise et d’amélioration du service pour le client final. Cette efficience accrue financerait après coup l’étrange suppression a priori de la taxe d’habitation, l’impôt le plus acceptable qui soit. Mais elle fait peu de cas de l’opacité, de la déresponsabilisation et du dédoublement des services qui s’ensuit ou pourrait s’ensuivre.

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